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Manpuku-ji : le gigantesque temple de la secte Obaku à Uji.

Je risque de manquer de superlatifs pour parler de la surprise qu’a été le Manpuku-ji. C’est exactement pour ce genre d’endroits, finalement un peu méconnus, que j’aime le Japon. Lorsqu’à la fin d’une journée déjà bien remplie l’idée te vient d’aller marcher encore 3km pour visiter un temple que tu as vu sur le plan de l’office du tourisme. Ce moment où malgré la fatigue, ton instinct te dit que tu vas passer à côté de quelque chose si tu n’y vas pas. Temple d’origine chinoise ne ressemblant à aucun autre ou presque d’un point de vue architectural, c’est 3 mois après l’avoir découvert que je vous emmène visiter ce qui fut pour moi, une nouvelle baffe comme le Japon sait en donner. 

NOTRE AVIS EN PASSANTINFOS PRATIQUESSE RENDRE AU MANPUKU-JI

Manpuku-ji : les origines.

manpukuji entrée

Le Manpuku-ji (Obakusan Manpuku-ji) est au Japon le temple principal de la secte Obaku, une branche du bouddhisme Zen. Il est également le monastère pour l’apprentissage des moines de cette secte. La branche Obaku-Zen est l’une des trois branches du Bouddhisme Zen présentes au Japon. On y trouve également la branche Rinzai et la branche Soto. La branche Obaku possède environ 460 temples à travers tout le Japon. Celui-ci en est donc le principal.

Le fondateur du temple.

Le fondateur du Manpuku-ji est un maître bouddhiste Zen chinois nommé Ingen. À l’âge de 29 ans il devint moine au temple Manpuku-ji dans la province chinoise de Fukien. Il en deviendra plus tard le chef supérieur. En 1654 il fut invité au Japon et arriva donc à Nagasaki. Nagasaki est à cette époque le seul port du Japon où les échanges avec la Chine sont autorisés. Il commença à y enseigner le Dharma : une version plus réaliste du Rinzai (vous savez une des deux autres branches du Zen).

Cet enseignement attira de nombreux moines japonais et beaucoup le rejoignirent pour apprendre cette nouvelle forme de bouddhisme. Une forme plus littérale et rigide de l’interprétation des préceptes. En 1661 maître Ingen décida de bâtir un temple, Manpuku-ji, sur une colline qu’il appela Obakusan dans la ville d’Uji. Ce nom fut choisi pour commémorer le temple chinois du même nom et parce qu’il y trouva de nombreux arbres appelés Obaku. Un arbre très intéressant car il possède de nombreuses propriétés médicinales. Ingen mourut à l’âge de 82 ans. Les empereurs du Japon lui donneront par la suite 6 titres posthumes, attribués chacun tous les 50 ans après sa mort. Classe.

Pourquoi le Manpuku-ji m’a mis une baffe.

Assez d’histoire, parlons un peu de la visite. Elle commence à dater mine de rien, ça remonte quand même au mois de janvier, mais les souvenirs sont encore là. Pourquoi on s’est pris une mandale ? Parce que, de un, comme je l’ai dit plus haut, on ne s’attendait à rien et de deux parce que c’est un complexe qui n’en finit jamais. Ce sont 23 bâtiments datant du 17ème siècle qui vous attendent, dont beaucoup sont des propriétés culturelles importantes du Japon. On ne savait pas tout ça avant de rentrer. En effet comme souvent, on visite un peu pour découvrir et on apprend après. Personnellement j’aime savoir quelle branche du Bouddhisme est représentée, histoire de comparer avec d’autres temples que j’aurais déjà visité, mais ça s’arrête là. Par la suite je me renseigne et ça me permet de me replonger dans tout ça grâce aux photos.

plan du manpuku-ji
Pourtant le plan nous prévenait que ça allait être grand.

1ère étape : Somon, la porte principale

Comme vous pouvez le voir sur le plan au dessus, on remarque 4 grands bâtiments qui s’enchainent ainsi qu’un grand nombre de bâtiments plus petits répartis de manière quasi symétrique sur les côtés. Le premier de ces bâtiment en ligne est la porte Somon.

manpuku-ji porte principale
manpuku-ji devant la porte

Elle impose déjà pas mal comme vous pouvez le voir, mais le plus beau reste à venir. Nous passons donc la porte pour nous retrouver dans la première partie du temple. Le plus impressionnant, hormis l’espace qui sépare tous les bâtiments est le point de vue sur le deuxième bâtiment de cette enfilade de 4.

2ème étape : Tennouden, le hall où se situe le bouddha.

Commençons par mettre une image sur le bâtiment en question.

manpukuji tennouden

À l’intérieur de celui-ci se trouve un bouddha que nous n’avons vu nul part ailleurs au Japon. Un bouddha rieur doré au gros ventre. Cela est sans doute dû à l’influence chinoise du monastère. Influence qui se retrouve dans l’architecture des bâtiments également.

manpuku-ji bouddha

Il peut être souriant et tranquille car il est plutôt bien protégé par ses 4 imposants gardiens, chacun placés dans un coin du bâtiment.

manpuku-ji-gardiens

Autour du bâtiment, d’autres édifices viennent sublimer la visite. Tellement que je ressens déjà cette overdose dont je parlais au début de l’article. Overdose dans le sens où l’on ne sait plus où donner de la tête. Pourtant ça ne fait que 20 ou 30 minutes que nous sommes rentrés dans le Manpuku-ji.

manpuku-ji autour du tennouden
manpuku-ji tennouden alentours

Continuons notre route si vous voulez bien car en tournant la tête sur la gauche par rapport à cette dernière photo on peut apercevoir le hall principal.

3ème étape : Daiyuhoden, le hall principal.

Comme pour Tennouden, commençons par une photo du bâtiment en question.

manpuku-ji temple principal

Sans doute le plus impressionnant du complexe, le Daiyuhoden cache en son sein la statue du Bouddha Shaka ainsi que les statues des 18 Rakan (disciples de Bouddha). Devant se trouve un petit parterre de gravier dans le style des jardins zen du plus bel effet.

manpuku-ji zen garden
manpuku-ji hall
manpuku-ji rakan
manpuku-ji-statue chinoise
L’influence chinoise toujours très présente.

Sur la droite du bâtiment se trouve une sculpture en bois d’un poisson plutôt sympathique, Kaikan. Si quelqu’un sait ce qu’elle représente je suis preneur.

manpuku-ji kaipan

Il y a également ces petits Daruma tout bizarres placés un peu partout, certains même plutôt bien planqués dans les planches de bois.

manpuku-ji daruma

Sortons pour le voir de dos, avec juste derrière nous le 4ème et dernier gros bâtiment du complexe. Profitons du coucher de soleil au passage.

manpuku-ji daiyuhoden de dos4ème étape : Hatto, le hall de lecture.

manpuku-ji hatto

Dernier bâtiment important du complexe, celui-ci se trouve donc tout à la fin de cette file de 4.

manpuku-ji hatto
À gauche le Daiyuhoden, à droite le Hatto

Celui-ci était fermé donc je ne sais pas ce qu’il contient, en revanche il conclu parfaitement cette ligne de bâtiment tous plus magnifiques les uns que les autres.

Est-ce qu’on arrive à la fin de la visite du Manpuku-ji ?

manpukuji chemin couvert

Et bien pas tout à fait. Car pour repartir nous prendrons sur la gauche du Daiyuhoden. Un long chemin couvert qui nous mènera jusqu’à un petit jardin. Comme si après tout ce qu’on avait déjà vu, il fallait encore en rajouter. C’est vrai en même temps, on n’en avait pas vu. Qu’est ce que c’est que ce temple sans jardin ??? Bon bah voilà, je pense que vous l’aurez compris, le Manpuku-ji, si vous passez dans dans le Kansai, vous le rajoutez sur la liste des choses à faire. On est d’accord ? 🙂

Retrouvez le Manpuku-ji dans cette vidéo de notre journée à Uji 😉

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fred

Concernant le poisson de bois, moku-gyo, mon épouse qui a habité à proximité des années pense qu’auparavant il servait à la manière d’une cloche pour les prières des moines. à présent il est décoratif.

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